| LE
MOT DU DIRECTEUR
Avant que vous n'arriviez, j'étais
dans la salle vide. Je pensais à tous ces grands acteurs
qui ont joué dans ce théâtre et qui ont fait
rêver tant de spectateurs. Ils furent nombreux et les citer
tous serait trop long, alors je n'en citerai qu'un, Frédéric
Lemaître, surnommé Le Talma du Boulevard, merveilleux
créateur de Kean sur cette même scène, vous
comprendrez pourquoi cela me touche particulièrement. Le
Théâtre des Variétés représente
tout ce que j'aime du théâtre : ce lieu mythique, qui
a résisté grâce à Jean-Michel Rouzière,
aux assauts d'un modernisme ravageur, résonne encore des
bons mots de Guitry ou de Feydeau.
Donner à un acteur la responsabilité d'un tel théâtre
est sans doute le plus beau cadeau que l'on puisse lui faire. Ce
cadeau, je me le suis fait, pour permettre à des gens que
j'aime de jouer des pièces que j'aime... en espérant
que vous partagerez mes goûts. Comédies ou drames,
auteurs reconnus ou jeunes écrivains prodiges, comédiens-stars
ou talents en herbe, quels que soient le genre et les interprètes,
je souhaite que le Théâtre des Variétés
reste digne de sa grande réputation de "théâtre
populaire". Ce soir, le choix s'est imposé de lui-même
- son fantôme habite un peu ici, puisqu'il y créa "César"
-, c'est Marcel Pagnol. Aujourd'hui réunis en une brillante
"Trilogie Marseillaise", tous ses héros vont revivre
sous nos yeux, grâce à Jacqueline Pagnol et à
Jean-Luc Tardieu. La sonnette retentit. Les lumières s'éteignent.
Que le spectacle commence... |