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On l'a vu sortir d'avions en plein
ciel, courir sur des métros en marche, jouer les hommes araignées
sur des hélicoptères en vol. Mais pour moi, sa cascade
la plus spectaculaire, c'est d'avoir acheté un théâtre
de boulevard.
Le boulevard, c'est du théâtre sans filet. Un théâtre
qui fait de la voltige entre ces deux trapèzes bien fragiles
que sont le rire et l'émotion du public. C'est aussi un théâtre
en mal d'auteurs. Le cinéma et la télé ont
dévoyé la plupart de ceux qui auraient pu reprendre
le flambeau. Acheter "Les Variétés" aujourd'hui,
c'est se payer un chapeau de prestidigitateur en période
de myxomatose, au moment où les lapins se font de plus en
plus rares. Alors pourquoi un type qui pourrait mener une vie de
star sans histoire, pourquoi Jean-Paul Belmondo s'est-il encombré
de ce splendide vaisseau archaïque avec ses pourpres et ses
ors passés, pourquoi a-t-il pris le plus beau temple d'un
art en voie de disparition...
Ne cherchez pas, c'est par passion.
Et pour répondre au désir de son père, Paul
Belmondo, qui a su mettre autant de beauté et d'amour dans
le bronze et la pierre que dans le coeur de ses proches et de ses
enfants.
Si Jean-Paul Belmondo a perdu toute prudence, c'est pour ces raisons
pas misonnables qui sont celles de l'amour, et je suis heureux de
voir ma pièce représentée chez lui, ce soir. |