La
dernière fois, c'est la mise
en scène d'une reprise d'"OSCAR", pièce que
j'avais créée à l'Athénée avec
Jean-Paul BELMONDO et Maria PÂCOME, dirigée par Jacques
MAUCLAIR, qui m'avait procuré le plaisir rare d'être
aux VARIETES. Il suivait, dans la foulée, l'immense chance
que j'avais eue de monter " Le Dîner de Cons ", et
avec quel résultat !...
Les VARIETES, pour moi, c'est comme pour un joueur ou un entraîneur
de foot ou de rugby, jouer à domicile, sur son terrain. C'est
peu de dire qu'on y est bien. On y baigne dans l'atmosphère
rêvée - pour le genre de spectacle qu'on y répète
- les murs en sont imprégnés - et je parle en siècles
!
Le but est à chaque fois comparable : distraire, faire rire,
apporter aux spectateurs le plaisir innocent d'une soirée de
détente.
Ce n'est pas toujours très bien vu, je sais, mais depuis un
certain nombre d'années, je sais par contre, avec certitude,
que notre récompense n'est pas d'avoir uvré dans
la ligne du théâtralement correct. Je sais aussi, sur
le plateau ou à l'avant-scène, ce qu'il faut de travail,
d'énergie, de santé, d'engagement physique, d'inventions
Alors la récompense, c'est quoi ?
Le bonheur absolu, où tout se résume à entendre
et voir une salle pliée en deux, comme des épis de blé
par grand vent, dans un énorme éclat de rire irrépressible.
Aux VARIETES, depuis "La Puce à l'Oreille", jouée
il y a bien longtemps (Louis de FUNES, Jean le POULAIN, Marthe MERCADIER
avec moi !), j'ai vécu toutes sortes d'émotions : "Domino"
de Marcel ACHARD, "N'écoutez pas Mesdames" de Sacha
GUITRY, et deux Ray COONEY, "C'est encore mieux l'après-midi"
et "Trois Partout" particulièrement chères
pour moi, puisque les adaptations étaient de Jean POIRET, dont
les rires de "Joyeuses Pâques" résonnent encore
dans la salle, sans oublier " Féfé de Broadway
" avec Jacqueline MAILLAN, du même Jean POIRET.
J'espère ajouter, avec "Panique au Plazza", adaptée
par Jean-Marie POIRE et Christian CLAVIER (avec qui j'ai partagé
le rire fou de "Double Mixte"), un autre bouquet de ces
francs rires à ceux que j'ai déjà cueillis dans
ce Théâtre des VARIETES.
De toutes façons, à l'avance, je l'offre à Jean-Paul
BELMONDO, pour le remercier de m'avoir donné l'occasion de
me retrouver dans ce lieu magique rempli de souvenirs. Et quels souvenirs
!...
Pierre
MONDY