PANIQUE AU PLAZZA : LE MOT DE PIERRE MONDY

La dernière fois, c'est la mise en scène d'une reprise d'"OSCAR", pièce que j'avais créée à l'Athénée avec Jean-Paul BELMONDO et Maria PÂCOME, dirigée par Jacques MAUCLAIR, qui m'avait procuré le plaisir rare d'être aux VARIETES. Il suivait, dans la foulée, l'immense chance que j'avais eue de monter " Le Dîner de Cons ", et avec quel résultat !...

Les VARIETES, pour moi, c'est comme pour un joueur ou un entraîneur de foot ou de rugby, jouer à domicile, sur son terrain. C'est peu de dire qu'on y est bien. On y baigne dans l'atmosphère rêvée - pour le genre de spectacle qu'on y répète - les murs en sont imprégnés - et je parle en siècles !…

Le but est à chaque fois comparable : distraire, faire rire, apporter aux spectateurs le plaisir innocent d'une soirée de détente.
Ce n'est pas toujours très bien vu, je sais, mais depuis un certain nombre d'années, je sais par contre, avec certitude, que notre récompense n'est pas d'avoir œuvré dans la ligne du théâtralement correct. Je sais aussi, sur le plateau ou à l'avant-scène, ce qu'il faut de travail, d'énergie, de santé, d'engagement physique, d'inventions…

Alors la récompense, c'est quoi ?

Le bonheur absolu, où tout se résume à entendre et voir une salle pliée en deux, comme des épis de blé par grand vent, dans un énorme éclat de rire irrépressible.

Aux VARIETES, depuis "La Puce à l'Oreille", jouée il y a bien longtemps (Louis de FUNES, Jean le POULAIN, Marthe MERCADIER avec moi !), j'ai vécu toutes sortes d'émotions : "Domino" de Marcel ACHARD, "N'écoutez pas Mesdames" de Sacha GUITRY, et deux Ray COONEY, "C'est encore mieux l'après-midi" et "Trois Partout" particulièrement chères pour moi, puisque les adaptations étaient de Jean POIRET, dont les rires de "Joyeuses Pâques" résonnent encore dans la salle, sans oublier " Féfé de Broadway " avec Jacqueline MAILLAN, du même Jean POIRET.

J'espère ajouter, avec "Panique au Plazza", adaptée par Jean-Marie POIRE et Christian CLAVIER (avec qui j'ai partagé le rire fou de "Double Mixte"), un autre bouquet de ces francs rires à ceux que j'ai déjà cueillis dans ce Théâtre des VARIETES.

De toutes façons, à l'avance, je l'offre à Jean-Paul BELMONDO, pour le remercier de m'avoir donné l'occasion de me retrouver dans ce lieu magique rempli de souvenirs. Et quels souvenirs !...

Pierre MONDY